La réglementation thermique RT 2012

La RT 2012 expliquée simplement

Projeter la construction d'un bâtiment soumis à la RT 2012 se fait en deux grandes étapes, une première étape lors de la phase conception, par le biais d'une étude thermique réglementaire qui permettra de confirmer que le projet intègre bien les principes de base d'une construction bioclimatique d'une part, et que les consommations d'énergies liées à l'utilisation du bâtiment ne dépasseront pas la valeur maximale imposée par la norme d'autre part.

Au terme de cette étude les caractéristiques et particularités physiques et intrinsèques du bâtiment seront définies, et l'attestation au dépôt du permis de construire, validant le Bbio du bâtiment pourra être délivrée.

l'étude thermique permettra également de définir les consommations en énergie primaire Cep des équipements et dispositifs liés aux 5 usages imposés par la réglementation thermique, à savoir, le chauffage, le refroidissement, la préparation de l'eau chaude sanitaire, l'éclairage, et les auxiliaires.

La deuxième étape n'interviendra quand à elle qu'en toute fin de travaux, pour les seuls bâtiments à usage d'habitation, un test d'étanchéité à l'air final devra être exécuté par un opérateur qualifié Qualibat 8711.

Cet opération aura pour but de contrôler le niveau de perméabilité à l'air du bâtiment, une valeur maximale est imposée par le législateur, et ne devra, bien entendu être respectée.

En complément de cette opération essentielle, là encore, pour les seuls bâtiments à usage d'habitation, un diagnostic de performance énergétique (DPE neuf) devra être réalisé, il permettra à l'utilisateur de connaitre l'étiquette énergétique de son bâtiment, ainsi que les coûts liés à l'usage du chauffage et la production de l'eau chaude sanitaire de ce même bâtiment.

Dernière opération à mener, faire réaliser l'attestation d'achèvement des travaux, elle seule aura valeur pour confirmer que le bâtiment est parfaitement conforme vis à vis de la RT 2012, cette attestation ne devra comporter aucune réserve pour être valide.

L'opérateur réalisant cette opération devra mettre en cohérence les données techniques présentent dans l'étude thermique du projet avec les éléments trouvés sur le site, toutes discordances feront l'objet de réserves.

Une étude thermique réglementaire respectée dans les faits et un test d'étanchéité à l'air conforme sont les deux paramètres essentiels permettant de certifier que le bâtiment est conforme à la RT 2012.

Pour ce qui est du choix du système constructif et des équipements, il est important de noter qu'il n'existe pas de matériaux, de complexes isolants, ni d'équipements techniques certifiés RT 2012, pourtant certains fabricants le laisse entendre d'une façon détournée, on pourrait apparenter cela à de la publicité plutôt douteuse.

En effet, comme il a été dit plus haut la RT 2012 valide la performance globale du bâtiment, c'est à dire l'association judicieuse de matériaux de construction, avec des isolants adaptés, et des équipements de chauffage, de production d'eau chaude sanitaire et de ventilation efficients.

Dans la pratique ces divers ensembles devront être mis en œuvre dans le plus grand respect des règles et l'art et en conformité avec les DTU en vigueur. Tous défauts dans la mise en œuvre pouvant au terme de travaux être sanctionnés par le test final de perméabilité à l'air, rendu obligatoire par le législateur pour toutes constructions à usage d'habitation.

En conclusion ces équipements et produits dits performants développés par les industriels permettent d'obtenir effectivement, de façon plus aisée la conformité RT 2012.

Domaine d'application de la RT 2012

Les bâtiments soumis à la RT 2012 sont les suivants :

  • Maisons individuelles et logements collectifs
  • Bureaux
  • Commerces
  • Enseignements, primaires et secondaires
  • Foyers de jeunes travailleurs et cités universitaires
  • Accueil de la petite enfance

Bâtiments non concernés par la RT 2012

Les bâtiments ne dépendant pas de cette norme sont les suivants :

  • Constructions provisoires ayant une durée d'utilisation de moins de 2 ans
  • Bâtiments dont la température d'utilisation est inferieure à 12°C
  • Bâtiments à process industriel
  • Bâtiments agricoles ou d'élevage
  • Bâtiments situés dans les DOM qui ont une RT 2012 spécifique

Exigences de résultats relatifs à une performance globale

La RT 2012 exprime des éxigences en terme de :

    Coefficient de consommation en énergie primaire désigné Cepmax

    Coefficient de besoins bioclimatiques du bâtiment appelé Bbiomax

    Confort d'été sans recours à la climatisation nommé Tic.ref

Le Coefficient d'Energie Primaire

Le Cep d'un projet défini la somme des énergies primaires liées aux 5 usages tels que précisés par la réglementation thermique, pour rappel ils sont détaillés ci dessous :

  • Le chauffage
  • Le refroidissement (éventuellement si le bâtiment est climatisé)
  • La production de l'eau chaude sanitaire
  • L'éclairage
  • Les auxiliaires de ventilation et de distribution hydraulique comme les ventilateurs, pompes et circulateurs

Le coefficient d'énergie primaire ou Cep s'exprime en kWh/m².an

Il convient de ne pas confondre l'énergie primaire prise en compte par la réglementation avec l'énergie finale, qui correspond a ce qui est réellement facturé à l'utilisateur par le fournisseur d'énergie.

l'énergie primaire intègre l'ensemble des pertes de production, de transformation, et de transport.

Pour l'électricité on considère que 1 kWhEF correspond à 2.58 kWhEP
Pour tous les autres énergies 1 kWhEF correspond à 1 kWhEP

A la lecture de ces deux exigences, on constate que l'usage de l'énergie électrique dans un projet est très défavorable par rapport à l'utilisation du gaz ou au bois par exemple, c'est pour cela que la mise en œuvre d'équipements performants et économes devient indispensable.

Le coefficient Cep est modulable, il a une valeur moyenne de 50 kWh/m².an, mais celle ci évolue dans une fourchette comprise entre 40 kWh/m².an pour la zone H3 (bassin méditerranéen) et jusqu'à 65 kWh/m².an pour la zone H1b (Nord Est)

Afin de respecter la réglementation le Cep du projet doit être inférieur ou égal au Cepmax imposé et dépendant de différents facteurs de modulation détaillés ci-dessous :

    Le Cepmax est fonction:

  • De l'usage du bâtiment (habitation, commerce, bureaux)
  • De la zone climatique où sera construit le projet
  • De l'altitude du projet
  • De la surface du projet
  • Des émissions de gaz à effet de serre

Le Bbio

Comme il l'a été déjà évoqué le coefficient Bbio représente le besoin bioclimatique du projet il met notamment en exergue l'efficacité énergétique du bâti, de part son isolation thermique, le a permettre un ensoleillement optimum l'hiver, et au contraire à le limiter en été, tout en privilégiant les ouvertures au sud et les réduire voir les supprimer au nord notamment.

Des espaces tampons, zones non chauffées du projet telles les garages, ateliers par exemple, judicieusement positionnées permettent d'améliorer d'autant le Bbio.

Les caractéristiques de perméabilité à l'air du bâtiment jouant également un rôle dans la détermination du Bbio du projet.

Afin de respecter la réglementation le Bbio du projet, tout comme le Cep, doit être inférieur ou égal à une valeur maximale appelé Bbiomax et dépendante, là aussi, de différents facteurs de modulation détaillés ci-dessous.

    Le Bbiomax est fonction:

  • De l'usage du bâtiment (habitation, commerce, bureaux)
  • De la zone climatique où sera construit le projet
  • De l'altitude du projet
  • De la surface du projet

Ce coefficient n'a aucune unité, il établi un nombre de point dans une fourchette de valeur allant de 42 pour la zone H3 (bassin méditerranéen), jusqu'à 84 pour la zone H1b (Nord Est).

Il est important de préciser que le calcul de ce coefficient est réalisé sans prendre en compte les systèmes énergétiques du projet. Ces derniers interviendront et agiront uniquement sur la détermination du coefficient Cep du projet.

La Tic

La Tic est température intérieure conventionnelle.
L'objectif est de déterminer en été, la température intérieure obtenue après une séquence de 5 jours chauds.
L'exigence réglementaire est que la température interieure conventionnelle (Tic) soit inférieure ou égale à la température intérieure conventionnelle de référence (Ticref).

La Ticref est défini pour chaque projet au moyen du moteur de calcul basé sur la méthode Th-BCE RT 2012.

La Tic est calculée sur la base de données des fichiers météo (valeurs horaires de rayonnements, températures de l'air, année de référence mensualisée), elle dépend aussi grandement de l'inertie du bâtiment, et des caractéristiques des vitrages, à cela on ajoute un scénario de comportement selon l'usage du bâtiment, prenant en compte les consignes d'éclairage, de chauffage, les apports internes et les conditions d'utilisation des protections solaires.

La ShonRT

La Shon RT ou nouvellement SRT est la surface thermique de référence d'un bâtiment, cette surface concerne l'ensemble des locaux chauffés du projet, jusqu'à une hauteur minimale de 1,80 m. Elle se détermine par la prise en compte de la surface habitable au nu extérieur des parois déperditives incluant le revêtement extérieur, y compris un bardage si présent, de chaque local chauffé.

Les exigences de moyens

Au delà du respect des différentes obligations de résultats que sont le Bio, le Cep, et la Tic du projet, tous les bâtiments doivent également respecter les exigences de moyens imposés suivant les usages par le titre III de la norme.

Pour les bâtiments à usage d'habitation :

Contrôle de l’étanchéité à l’air ou démarche qualité annexe VII (art. 17).

Surface minimale de baies (1/6 de la surface habitable au minimum) (art. 20).

Mise en place de systèmes permettant de mesurer/estimer la consommation d’énergie des logements (exception faite du bois) et d’en informer ses occupants (art. 23).

Dispositifs manuels et automatiques permettant de mettre en marche/arrêt les installations de chauffage/refroidissement/éclairage des locaux (art. 24 à art. 28).

Traitement des ponts thermiques (art 19).

Pour les maisons individuelles ou accolées :

Recours obligatoire à au moins une énergie renouvelable (art. 16).

Pour les bâtiments autres que ceux destinés au logement, le recours aux énergies renouvelables n’est pas requis mais est recommandé. (art. 31 à art. 45)